Sex and horror

mardi 12 février 2008

Rencontre avec le docteur Horreur

Le "docteur Horreur", comme le surnomment les médias indiens, a été arrêté, jeudi 7 février, dans un hôtel du sud du Népal, à 60 kilomètres de la frontière avec l'Inde. Amit Kumar, 43 ans, est soupçonné d'être à la tête du plus grand réseau de trafic d'organes jamais démantelé dans le pays. D'après les autorités locales, entre 400 et 500 personnes auraient été opérées sous la contrainte et clandestinement, puis leurs reins transplantés sur des patients étrangers, au cours des huit dernières années.


"Je n'ai commis aucun crime. Je suis un médecin, pas un trafiquant d'organes", a expliqué le docteur Kumar devant les journalistes, à Katmandou. Celui qui se faisait passer pour un chirurgien avait déjà été arrêté pour des faits similaires, à Bombay, en 1993. Il avait été finalement libéré sous caution, avant de reprendre ses activités sous une autre identité.

Amit Kumar a été reconnu par des passants alors qu'il se rendait à un cybercafé, dans un centre de villégiature à 80 kilomètres au sud de Katmandou. Quelques heures plus tard, les policiers l'ont arrêté à son hôtel. Ils ont retrouvé sur lui 18 900 dollars et 145 000 euros en liquide, ainsi qu'un chèque de 936 000 roupies (17 500 euros). Avant d'être extradé vers New Delhi, Amit Kumar va d'abord être jugé à Katmandou, dimanche 10 février, pour détention illégale de devises étrangères sur le sol népalais.

Interpol avait émis un avis international de recherche contre lui, le 1er février, pour "transplantation illégale de reins, escroquerie et complot criminel" après la découverte, dans la banlieue cossue de New Delhi, d'une maison reconvertie illégalement en clinique. Contre la promesse d'un travail bien rémunéré, les victimes - souvent des migrants issus des régions pauvres - étaient emmenées dans des résidences où elles devaient subir les opérations, de gré ou de force. Dans le meilleur des cas, elles étaient payées environ 900 euros pour le don de leurs reins.

Les receveurs d'organes, de riches Indiens ou des étrangers, payaient jusqu'à 40 000 euros la greffe. La police a découvert au cours de ses perquisitions que 48 étrangers, originaires de Grèce, des Etats-Unis ou de Grande Bretagne, attendaient d'être opérés dans l'une des cliniques illégales du docteur Kumar.

RESTRICTIONS SUR LES DONS D'ORGANE

D'après l'Organisation mondiale de la santé (OMS), 10 % des transplantations impliquent des patients originaires des pays riches, voyageant dans des pays pauvres pour y acheter des organes. L'Inde n'autorise les transplantations qu'entre membres d'une même famille et après le feu vert des autorités sanitaires. Seul un Indien sur deux millions est autorisé à faire don de ses organes, alors que, dans le pays, 100 000 patients attendent une transplantation.

Un médecin encourt quatre ans de prison et 10 000 euros d'amende pour une opération illégale. Le ministre indien de la santé, Anbumani Ramadoss, a promis que le gouvernement modifierait la loi pour faciliter les dons d'organe et durcir les sanctions à l'égard des trafiquants.
Julien Bouissou

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