Sex and horror

mardi 3 novembre 2009

Haruna, Miss Transsexuel, milite pour le respect de ses semblables





Rayonnante dans une robe moulante, Haruna Ai était la plus belle samedi soir. Cette Japonaise, née homme il y a 37 ans, a gagné à Pattaya, dans le sud de la Thaïlande, le concours de Miss Transsexuel et se voit désormais en porte-parole de ses semblables.

Haruna, animatrice de télévision, l'a emporté sur 20 autres créatures venues des quatre coins du monde pour devenir la Miss International Queen 2009. Un titre sérieux dans un pays où les transsexuels font partie du paysage social, et où la tolérance est loi à l'égard de bien des pratiques considérées ailleurs comme déviantes, dégradantes, voire illégales.

Des millions de Thaïlandais ont regardé en direct le spectacle retransmis depuis Pattaya, cité balnéaire connue à l'étranger pour avoir porté l'industrie du sexe à un niveau qui frise l'industrialisation. "Je suis très, très heureuse", confessait Haruna en larmes, quelques heures après son sacre au Tiffany, présenté comme le plus grand cabaret de transsexuels du monde.

Vivre librement
Grandie par un diadème en faux diamants, elle ajoutait: "Je veux que des compétitions comme celles-là montrent à tous qu'ils doivent s'aimer et vivre librement". "Le mode de vie japonais est plus traditionnel et les transsexuels ne sont pas libres. Mais en Thaïlande, ils font ce qu'ils veulent", a-t-elle dit.

La soirée n'aura pas toujours porté les attributs du discours politique le plus élaboré, lorsque défilaient sous les hurlements goguenards les belles en costumes nationaux. Avec une Américaine toute de plumes vêtues, et une Anglaise en hallebardier de la Tour de Londres, portant cuissards de satin noires et bonnet à poil.

Les lumières tamisées du Tiffany ont ensuite accueilli les candidates en robes de soirée puis maillot de bain rose, sous un ballet aérien de cerfs-volants fluorescents. De quoi permettre le triomphe d'Haruna, repartie avec 10.000 dollars, un an de séjour dans un hôtel et un bon pour 500 dollars de chirurgie esthétique que visaient ses deux dauphines, la Thaïlandaise Karngsadal Wongdusadeekul et la Brésilienne Daniela Marques.

Discrimination
Mais les commentaires "backstage" évoquaient une autre réalité, faite de discrimination et de frustrations. "Je ne peux que rêver d'un événement comme celui-là aux Etats-Unis", a admis l'Américaine Sunny Dee-Lite, 32 ans, sortie première du défilé en robe. La Chinoise Maggie Gao a pour sa part remporté cette année le prix de Miss Monde Shenzhen, organisé dans cette ville du sud de la Chine.

Avant de se voir retirer son prix lorsque les organisateurs ont constaté qu'elle était un homme. Quant à Camilia Dzelma, 22 ans, elle appelait à plus de transparence après avoir été acceptée par sa famille musulmane à Singapour. "Je suis là pour montrer au monde que je ne suis pas un monstre", a expliqué ce professeur de danse pour enfant d'une école publique. Et d'ajouter: "Ma mère m'a appelé pour me souhaiter bonne chance".

Combat

Même en Thaïlande, où les pratiques sexuelles sont libérées de la plupart des barrières morales qui pèsent en Occident, le combat n'est pourtant pas complètement gagné. Les transsexuels s'y plaignent de ne pouvoir changer d'identité sur leurs papiers comme dans certains pays occidentaux. Et de nouvelles lois ont restreint les possibilités d'opérations.

La Thaïlandaise Sorawee Nattee, qui a gagné à 21 ans le titre national en mai, a même été convoquée pour son service militaire. "Mais quand j'y suis allée comme ça, en fille, avec des seins, ils m'ont dit de partir". (afp)
01/11/09 16h50

Libellés : , ,

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

Abonnement Publier les commentaires [Atom]



<< Accueil